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Mieux dormir grâce à l'hypnose


(Source : Nadia Hamam - Marie-Claire / Article publié le 04/06/2019)


En contournant les obstacles au sommeil, l’hypnothérapie aide à apaiser les angoisses ou les ruminations pour retrouver des nuits réparatrices.

Tapez "hypnose et sommeil" dans votre moteur de recherche et l’ami Youtube arrive avec un florilège de vidéos de thérapeutes prêts à vous jouer la scène du serpent Kaa dans le cultissime Livre de la Jungle. La technique utilisée depuis le XVIIIe siècle n’a toutefois plus rien de mystique : elle fait partie intégrante de la boîte à outils médicale depuis une décennie.

Cette petite révolution prend ses sources en 1999. Les avancées de l’imagerie cérébrale révèlent alors que l’hypnose, au même titre que la méditation, plonge le patient dans un état de conscience modifié qui sollicite des régions du cerveau impliquées dans la vue ou la motricité. Simultanément, certaines fonctions cérébrales se calment, exactement comme pendant le sommeil ou les états végétatifs. "Avant, quand un patient avait du mal à dormir, je lui prescrivais des somnifères. Les angoissés, eux, avaient le droit à leurs anxiolytiques. A cette époque, nous ne nous doutions pas que les médicaments pouvaient abimer le cerveau. Dès 1981, j’ai préféré miser sur nos ressources intérieures en me formant à l’hypnose",raconte le docteur Jean-Marc Benhaiem, médecin attaché au Centre de traitement de la Douleur. En 2001, le praticien ouvre le premier diplôme universitaire (DU) d’hypnose médicale à l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière. Aujourd’hui, il en existe une vingtaine en France.

Un état naturel

"L’hypnose est un état spontané dans lequel on se met plusieurs fois par jour, par exemple quand on est très absorbé par une tâche ou lorsqu’on est dans la lune", cerne le Docteur Agnès Brion, psychiatre et spécialiste des troubles du sommeil. "Elle est très efficace sur les profils anxieux", relève la professionnelle, qui y a recours aussi bien pour la dépression, le burn out ou l’insomnie, comme son confère Jean-Marc Benhaiem. "Les somnifères procurent une piètre qualité de sommeil car ils fonctionnent par forçage chimique sur le corps. Avec l’hypnose, on rééduque tranquillement le patient à dormir", considère ce dernier.

Contourner le discours intérieur

Pour ce médecin pionnier, les troubles du sommeil les plus simples à traiter via l’hypnose sont les plus courants : des profils chez qui la fonction naturelle s’est détériorée à cause d’une mentalisation excessive. "Nous vivons dans une société qui rend le sommeil difficile par l’exigence d’efficacité qu’elle instaure chez les gens", pointe l’auteur de Hypnose-toi toi-même ! (Ed. Flammarion) , ouvrage efficace d’auto hypnose qui consacre un chapitre aux insomnies."Pour que le mécanisme du sommeil s’installe, il faut tout éteindre : la lumière, les sons mais aussi le bruit intérieur", décrit Jean-Marc Benhaiem. Mamans qui courent dans tous les sens, employés surchargés de travail ou de responsabilités… de nombreuses personnes ont du mal à faire cesser le discours intérieur et continuent à ruminer ou à travailler la nuit à leur insu. 

Globalement, trois ou quatre séances minimum sont nécessaires avec l’hypnothérapeute, auxquelles il faut parfois ajouter des visites de rappel, un an ou deux ans après

Perfectionnisme et autoritarisme riment souvent avec problèmes de sommeil… Julie, brillante étudiante en droit et insomniaque, en sait quelque chose. A l’approche des examens, son désir excessif de maitrise entame ses nuits et la pousse à une grosse consommation de somnifères. "Le trouble du sommeil révèle un certain comportement face à la vie ; il fait office d’alarme", traduit le médecin. "Avec Julie, nous avons travaillé de manière à ce qu’elle se focalise moins sur les résultats aux examens pour retrouver le plaisir, la curiosité de la connaissance". 

Lâcher l’intellect pour aller dans le sensoriel

Anxieux par nature, l’insomniaque s’accroche à toutes sortes de pensées aggravantes et contre productives durant ses nuits : "il est déjà deux heures, je vais être fatiguée demain matin", "et si je ne dormais pas de la nuit ?"

Ces considérations font obstacle au déroulement naturel du sommeil, qui demande un état de lâcher prise, sans attente ni projection. "La sphère du contrôle mental carbure au besoin d’être rassuré, alors que le monde de la vraie vie est régi par l’incertitude ; on ne sait pas combien de temps nous dormirons ou si la nuit sera récupératrice. Plus on cherche de la certitude, moins on dort. Il faut accepter les va et vient du sommeil pour qu’il se rétablisse", décrit Jean-Marc Benhaiem. Super antidote à la dictature de l’intellect, l’hypnose neutralise la volonté pour aller dans le naturel en plongeant dans le sensoriel. "Nous avons tous cette fonction en nous, mais chez certains, elle est en panne", remarque le médecin.

Une fois lâchés les "je veux" et les "il faut", la personne plonge dans un état de confusion qui ressemble étrangement au sommeil. Le mental en retrait, nos réflexes physiologiques reprennent le dessus, les fonctions naturelles fonctionnent librement, on redevient animal… on dort !

Trouver la bonne image

Ressort clé de l’hypnose, la suggestion est l’acte de "faire ce qu’on imagine de faire". Exemple : vous êtes debout les yeux fermés, et vous vous répétez en boucle "je tombe en arrière" … vous finissez par sentir que vous partez en arrière. Les hypnothérapeutes utilisent aussi bien des suggestions directes ("quand je me réveillé dans la nuit, tout va bien et je me rendors") que des métaphores : descendre un escalier, plonger dans des eaux profondes et confortables... "On envoie une image que le psychisme s’approprie, à condition qu’elle diffuse le bon message", indique Agnès Brion.

Le message doit donner des repères sensoriels ou imaginaires. Quand c’est intellectuel, on comprend mais ça ne marche pas

Parfois, le thérapeute n’arrive pas à entrer en contact avec le patient. Dans d’autres cas, ce dernier a du mal à lâcher ses habitudes, ses somnifères, ses croyances. Mais la plupart du temps, la suggestion et l’auto-suggestion remettent en mouvement nos ressources inconscientes, les font évoluer. 

"Comme le disait Sigmund Freud, nous devons faire preuve de créativité pour trouver une proposition adaptée à la personne", complète Jean-Marc Benhaim. Véronique, très angoissée à l’idée d’oublier de ce qu’elle doit faire, est sensible à l’image de déposer toutes ses pensées sur la table de nuit. "Je les récupère le lendemain matin, avec mes bagues, montre et lunettes", sourit-elle. Marie, elle, s’endort mieux depuis qu’elle imagine être une fleur qui s’ouvre à la lumière le jour - métaphore de la conscience- et se referme le soir. "Le message doit donner des repères sensoriels ou imaginaires. Quand c’est intellectuel, on comprend mais ça ne marche pas", prévient Jean Marc Benhaiem.

Dialoguer avec l’inconscient

Le travail est efficace quand il s’appuie sur un message personnalisé. Celui-ci s’élabore au fil de l’interaction avec la patiente. "Pendant qu’elle est dans l’état d’hypnose, on lui demande si l’exercice lui plait en le signalant par un mouvement de doigt par exemple", évoque le médecin, qui décrit une "discussion fluctuante, où tout est mélangé". Silences et échanges alternent pendant que la patiente entre plus dans la transe. "Tout dépend de la personne. L’être humain est unique, le moment aussi » estime Agnès Brion. Une certitude : le travail en séance ne suffit pas, il devra être complété par des exercices qui consolideront les résultats. Entrainement, répétitions, enregistrements de séance, apprentissage d’auto-hypnose… le programme d’ancrage est élaboré en fonction des sensibilités de la patiente, du vécu de son insomnie.

"Globalement, trois ou quatre séances minimum sont nécessaires avec l’hypnothérapeute, auxquelles il faut parfois ajouter des visites de rappel, un an ou deux ans après", évalue Agnès Brion. "Certaines peuvent aussi venir pour un problème de sommeil et repartir en thérapie, car elles comprennent que c’est une étape nécessaire dans leur cas", ouvre la psychiatre. A chaque personne, son chemin.

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Valérie Fresnéda - Hypnothérapeute Paris

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